D'Harfleur à Azincourt: la campagne de France

La bataille d’Azincourt est un des affrontements les plus sanglants de la guerre de Cent-Ans (1337-1453). Elle est le point fort d’une opération militaire anglaise qui débute le 13 août 1415.

Le 13 août 1415, une flotte de près de 700 navires anglais apparaît au large des côtes normandes. A bord de ces navires 12 000 combattants et un roi, Henry V, bien décidé à conquérir la riche Normandie. Pour ce faire, ce dernier met le siège devant la ville d’Harfleur qui commande l’estuaire de la Seine. Une fois le blocus de la ville établi commence un pilonnage incessant. Malgré l’absence de renforts, les assiégés résistent. Après 5 semaines de siège, Harfleur souffre du manque de soutien et de ravitaillement tandis que la situation sanitaire se dégrade dans le camp anglais où beaucoup d’hommes contractent la dysenterie. Une trêve est négociée au 18 septembre mais les portes de la ville ne s’ouvrent que 4 jours plus tard. Harfleur se rend. Henry V est désormais le maître de la ville mais la durée du siège a contrarié ses plans et il doit renoncer à poursuivre la conquête de la Normandie. Informé de la présence d’une puissante armée royale rassemblée à Rouen, Henry V décide de battre en retraite vers Calais, ville anglaise depuis 1347. Il quitte Harfleur le 7 ou le 8 octobre 1415.

Avertie de la retraite anglaise, l’armée française décide de harceler l’ennemi avec l’avant-garde tandis que le gros des troupes se rassemblerait sur la rive nord de la Somme. Les ponts franchissant le fleuve sont détruits ou gardés par les Français.

Attaquée presque quotidiennement par l’avant-garde française, affamée et affaiblie par la maladie, l’armée anglaise, forte de 8500 hommes, éprouve de nombreuses difficultés à traverser la Somme et le corps expéditionnaire anglais devient la cible d’attaques de plus en plus fréquentes. Finalement, les Anglais parviennent à atteindre l'autre rive le 19 octobre 1415 à Voyennes.

La course poursuite entre l’armée anglaise et l’armée française prend fin le 24 octobre lorsque des éclaireurs anglais signalent au roi d’Angleterre la présence de l’armée française, forte de 12 000 à 15000 combattants en ordre de bataille, entre le bois de Tramecourt et le village d’Azincourt. Henry V est tombé dans un piège mais il est trop tard pour combattre.

Au matin du vendredi 25 octobre 1415, les deux armées entament, en vain, des négociations.  Henry V prend l’initiative et fait avancer son armée afin qu’elle soit à portée d’arc. Vers 10 heures, après avoir planté leurs pieux, les archers anglais décochent une volée de flèches. Le connétable Charles d’Albret, chef de l’armée française,  répond immédiatement par une charge de cavalerie qui, empêtrée dans un terrain boueux, échoue. Cette attaque est immédiatement suivie par la charge de la première ligne d’hommes d’armes français à pied, qui, dans un premier temps, fait vaciller le dispositif adverse. Mais les Anglais se ressaisissent et massacrent la première ligne française. Nombre de combattants sont tués ou faits prisonniers. D’autres refluent vers l’arrière et se heurtent aux combattants de la deuxième ligne qui montent à l’assaut. Face à cette pagaille, les Anglais sortent de leurs retranchements et font des centaines de prisonniers qu’ils gardent dans le bois de Tramecourt. En milieu d’après-midi, les Français paraissent préparer une nouvelle attaque. Averti d’une expédition contre son campement, Henry V  décide de faire exécuter une partie des captifs. A la suite de cette exécution, un grand nombre de combattants français s’enfuit, abandonnant blessés, morts et matériel sur le champ de bataille.

Près de 1000 combattants français mourront pendant l’affrontement. 7 Princes de sang royal sont tués ou capturés. Plus de 300 nobles français sont faits prisonniers. Les Anglais ne perdent que quelques centaines d’archers et seulement deux combattants nobles.